
Vous avez envie de passer le CAP Broderie d’art en candidat libre ? Afin de vous y retrouver dans les démarches à suivre, l’une de vos élèves, Yasmine Niclas, a accepté de vous livrer ces quelques conseils…
MA FORMATION À LA COUTURE BRIGADE
“Il restait juste une place au cours de Préparation au CAP broderie à art quand je me suis présentée à l’école La Couture Brigade. J’ai donc pu étudier dans un groupe de 6 élèves l’ensemble des points à l’aiguille et au crochet de Lunéville du programme. Au départ je n’étais pas certaine de passer le CAP mais finalement j’ai tenté le challenge sous les encouragements des élèves et des professeurs. Je ne le regrette pas. Ce fut une vraie aventure ! »
INSCRIPTIONS AUX ÉPREUVES DE CAP BRODERIE
« Il faut donc en premier lieu s’inscrire sur le site de l’Éducation nationale de l’académie dont on dépend (en général, les inscriptions sont ouvertes courant octobre pour des épreuves qui se déroulent sur le mois de juin suivant). J’ai trouvé le site clair et facile à renseigner. On sélectionne l’option « candidat libre » quand on n’a pas suivi le cursus dans un collège. »
Important : admission à l’examen
Suite à l’arrêté en date du 11 septembre 2024, les conditions pour passer le CAP Arts de la Broderie sont devenues plus strictes. Les candidats doivent justifier d’une expérience professionnelle ou de périodes de stage d’une durée minimale de 14 semaines dans les 3 ans précédant l’examen.
La Couture Brigade pourra vous fournir une convention de stage durant votre formation hebdomadaire de 18 mois
LES ÉPREUVES DE CAP L’ART DE LA BRODERIE
« Si on a déjà obtenu un CAP ou un BEP, alors on est dispensé de l’ensemble des matières générales comme le français, l’histoire…. Si on a un BAC par exemple mais pas de CAP, on sera aussi dispensé des matières générales, mais on devra passer en plus des épreuves spécifiques à la broderie, la matière PSE (Prévention Santé Environnement).
La maison des examens nous demande bien sûr copie des diplômes obtenus, une copie de la carte d’identité et le formulaire d’inscription renseigné. Puis on reçoit un justificatif de candidature, et plus tard, on reçoit la convocation à l’examen. Dans l’intervalle, on nous demande de confirmer notre participation aux épreuves ; Sûrement pour la logistique mais aussi pour une question de coût il me semble. En effet, il faut savoir que pour l’Education nationale la préparation des épreuves représente beaucoup de travail, de l’achat de fournitures… Donc, si au final on ne se présente pas à l’examen, toute cette préparation et ces achats qui nous étaient destinés sont gâchés en quelque sorte. »


L’EXAMEN EN PLUSIEURS ÉTAPES
« Dans mon cas, j’ai passé l’examen en 2023 au Lycée Professionnel Octave Feuillet à Paris pour les épreuves d’Arts appliqués et histoire de la broderie (EP1 coef 4 je crois), et l’épreuve de mise en œuvre (broderie main – EP2A coef 11). »
L’EP1 histoire et dessin
« C’est une épreuve écrite. De 4 heures. On nous remet un questionnaire à compléter.
C’est pour moi l’épreuve la plus délicate à préparer car on manque de support ; Si par exemple on prépare le CAP couture flou, on a la possibilité de retrouver sur le site Eduscol, toutes les annales des épreuves passées. Mais pour la broderie d’art, il n’y a que d’anciennes archives. Donc il faut aller chercher à droite et à gauche les informations nécessaires, c’est à dire les attendus et les réponses à apporter aux attendus.
Pour l’Histoire, il faut savoir reconnaître les grandes périodes stylistiques des arts décoratifs (l’Antiquité, le Moyen-Âge, la Renaissance…jusqu’à nos jours). On nous a demandé à l’examen d’associer une image à une période, il faudra peut-être aussi préciser le siècle de la période et le nom du style qu’elle représente, mais cela reste assez succint. On trouve des frises chronologiques sur internet plutôt bien faites. Sinon, le livre « Comment identifier les grandes périodes stylistiques » peut aider. On le trouve dans presque toutes les bibliothèques.
Pour le dessin, il faut savoir s’inspirer d’images fournies pour créer des compositions en utilisant des formes, des motifs et des couleurs précisées dans les instructions données. On n’attend pas de nous un niveau de dessin académique, juste comprendre les instructions. Sur la convocation, on nous précise les fournitures à apporter (crayons de couleurs, calque, ou feutres…). »
L’EP2 broderie, piquage-ponçage, questions à l’oral
Lieu de l’épreuve
« Epreuve sur 3 jours qui commence par les questions à l’oral. J’ai apprécié l’organisation et l’accueil du personnel du lycée technique Octave Feuillet. C’est un très bel endroit. Ils exposent dans le hall d’entrée le travail des élèves qui m’a bien impressionné. J’avais d’ailleurs passé mon épreuve d’EP1 dans une classe dédiée à la confection des chapeaux : trop beau ! On prenait nos pauses déjeuner dans leur petit jardin ombragé (on apporte son mangé). Un lieu vraiment agréable. »
Epreuve orale
« Elle n’a pas eu lieu le même jour que l’épreuve « mise en oeuvre » pour éviter de nous interrompre pendant la broderie. Bonne idée. Donc, on se présente, on tire un sujet, on a 15-30 minutes (je ne sais plus très bien) pour le préparer dans une salle à part, puis on le restitue à l’examinatrice. Les questions abordent des sujets divers (matériel, fourniture, sécurité dans un atelier, connaissance des tissus… ). En voici quelques exemples : nommer 2 causes de chute dans un atelier ; nommer 4 techniques de point au crochet avec fournitures ; sur un schéma, identifier les types de torsion d’un fil ; citer les éléments d’un métier à broder ; citer 4 ateliers de broderie ; différence entre organdi et organza ; comment se nomme le bouton de vitesse du piqueur ; citer des fibres végétales et animales… »
Epreuve de mise en œuvre : Installation et découverte du sujet
« Pour préparer les salles, ils nous avaient demandé de venir déposer nos tréteaux la veille de l’épreuve EP2. Le jour J, nos places étaient attitrées, ils nous ont réparties dans plusieurs salles et on n’y a retrouvé nos tréteaux, une chaise et un tabouret pour poser notre matériel. Moi j’étais près de la fenêtre !!! donc j’avais un peu plus d’air que les autres, et j’étais à côté du radiateur, donc je pouvais m’en servir pour y ranger tout mon matériel, en plus du petit tabouret fourni. Puis une fois installés, ils nous remette le sujet (un sachet de fournitures, le tissus à broder pré-piqué, un dossier papier format A3.) »
Epreuve de mise en œuvre : broderie et piquage
« Ils nous donnent le top et c’est parti ! On peut ouvrir le dossier papier et découvrir les consignes et les photos couleurs du motif à broder (vue sur l’endroit et vue sur l’envers). La qualité du dossier est bonne, les photos sont nettes.
On monte soi-même son métier et on y tend le tissu support. Le montage du métier n’est pas noté.
Les fournitures étaient belles ! J’ai moins aimé le motif, question de goût. L’année de mon CAP, le motif était poncé sur de la toile !!! Panique à bord car on s’entraîne principalement sur de l’organza. Donc on ne voit pas sa main du dessous avec les fournitures. On se demande comment on verra sur l’envers le motif à broder…. Par contre, les points n’étaient pas trop compliqués pour équilibrer la difficulté du sujet. Pour ma part, la pose de tubes en verre au fil de rayonne m’a donné des sueurs froides. J’ai vu une candidate soulever son métier à chaque paillette posée pour vérifier ; Cela m’avait surpris, mais au final son rendu était de très bonne qualité. En fait, il faut réaliser chacune des techniques très soigneusement sans forcément chercher à remplir la totalité du motif : Ce qui est évalué c’est la qualité et non la quantité.
Pendant l’épreuve de broderie, ils passaient nous voir régulièrement pour demander qui voulait passer l’épreuve de ponçage-piquage. Elle se déroule dans une salle à part, avec du matériel professionnel. Avant de se lancer à piquer le sujet, on peut s’entraîner sur un papier brouillon pour se familiariser avec la machine. Puis on remet son travail à l’examinatrice et retourne à sa broderie.
Dans le temps de l’épreuve, il y a aussi le démontage de la toile brodée, on découpe les fils sur l’envers, on applique la gomme, on passe la toile sous la vapeur. On remet notre travail et voilà. C’est terminé, on respire. »

RÉSULTATS ET DIPLÔME
« Les résultats ont vite été communiqués ; Par contre, il fallait se déplacer à l’académie pour récupérer le diplôme papier. Ils ne voulaient pas le poster car apparemment, les années passées, des plis auraient été égarés. Si on ne peut pas se rendre soi-même à l’académie, on peut donner une procuration à un tiers. »
Comme vous l’avez compris, passer le CAP Broderie d’Art est une véritable aventure, l’occasion de se donner un challenge, un défi quel que soit votre parcours, que vous l’abordiez pour une reconversion ou pour le plaisir.
Yasmine était novice à son arrivée en septembre à La Couture Brigade, neuf mois plus tard elle a obtenu un diplôme d’Etat. Pourquoi pas vous !
LA SUITE
Une fois le CAP en poche vous devez poursuivre votre formation si vous souhaitez travailler dans ce métier. Le CAP est une formidable base mais que ce n’est qu’un début. Vous pouvez poursuivre votre apprentissage auprès d’un professionnel dans une maison de broderie haute couture ou venir vous perfectionner en techniques supérieures à La Couture Brigade.
